Les Papillons de Charcot - FAIRE CONNAITRE ET RECONNAITRE LA SCLEROSE LATERALE AMYOTROPHIQUELes Papillons de Charcot


La recherche

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Symposium international de Sydney sur la SLA (décembre 2011)

11 décembre 2011

Je retiens surtout du 19ème symposium international SLA/Maladies du motoneurone qui s’est tenu à Sydney du 27 novembre au 2 décembre 2011 le foisonnement des communications faites par les équipes médicales, puisque plus de 290 « papiers » ont été présentés.

Qui aurait dit il y a cinq ou six ans qu'il y aurait autant de recherche sur SLA, alors que pendant des années la neurologie, impuissante, a sutout collecté des statistiques sur cette maladie.

Il est cependant clair que le temps de la recherche médicale et le temps de la pharmacie n'ont rien à voir avec les préoccupations de malades dont l'espérance de vie est limitée. On sait qu'il faudra encore des années pour découvrir des mécanismes qui engendrent la maladie et pour mettre au point des médicaments aptes à la soigner. Mais avec la découverte de protéines qui ne remplissent plus leur fonction ou d'autres dont la prolifération bloque le processus de régénération, il semble que l'on soit enfin sur la voie d'une meilleure compréhension du phénomène, ce qui permettra d'accélérer la découverte de solutions.

Pour ceux qui parlent anglais voici ci-dessous le site sur lequel on peut consulter ces communications, mais je ne ferai que très peu de résumés, car malgré leur valeur scientifique, la plupart n'ont qu'un intérêt limité pour les non-spécialistes.

Symposium de Sydney sur la SLA


France : l’administration d’anticorps dirigés contre la protéine Nogo-A : premiers résultats

8 décembre 2011

Résumé de l’intervention du Dr Pierre-François Pradat au 19ème symposium international SLA/Maladies du motoneurone à Sydney (27 novembre-2 décembre 2011). Une nouvelle avancée, à confirmer en 2012, laissant espérer un traitement futur.

Le Dr Pierre-Francois Pradat, neurologue et chercheur à la Pitié-Salpêtrière, a présenté une communication importante lors du dernier symposium sur la SLA qui a eu lieu à Sydney. Il s’agissait de résultats préliminaires, mais très encourageants, d’un essai thérapeutique utilisant un anticorps dirigé contre la protéine Nogo-A dans la SLA. L’équipe du Dr Pradat avait montré, en collaboration avec l’équipe de recherche du Dr Jean-Philippe Loeffler à Strasbourg, que cette protéine était présente en trop grande quantité dans le muscle des patients. Or, cette protéine a comme fonction connue d’empêcher la repousse des axones et constituait donc une cible très intéressante pour le traitement de la SLA. Le laboratoire GSK, qui a conduit l’essai, a produit des anticorps capables de bloquer cette protéine. Le traitement était administré par voie intraveineuse. L’essai a concerné un nombre important de patients et a été conduit dans plusieurs centres en Europe et aux Etats-Unis. Dans cette étude préliminaire, l’objectif n’était pas encore d’évaluer l’efficacité thérapeutique mais d’apprécier la tolérance et l’absence de dangerosité du traitement. L’étude a donc consisté à tester des doses progressivement croissantes d’anticorps. Le résultat est rassurant car même aux doses les plus élevées, il n’a pas été pas observé d’effets secondaires importants. Un élément encourageant, est que les patients qui avaient reçus les doses les plus élevées semblaient présenter une évolution plus lente que ceux qui avaient reçu un faux médicament qu’on appelle placebo. L’essai ne comportait pas suffisamment de patients à cette dose et était de durée trop courte pour permettre d’affirmer que cet effet est bien réel. Le laboratoire devrait réaliser en 2012 un large essai international visant cette fois à évaluer l’efficacité du traitement, et non plus seulement sa tolérance

Références : Pradat PF, Corse A, Shefner J, Rothstein JD, Leigh PN et al. A First-Time-in-Human study in ALS patients with the anti-Nogo-A monoclonal antibody GSK1223249. Preliminary results. Oral presentation. 22nd international symposium on ALS/MND. Sydney, Australia, 30 Nov-2 Dec 2011.

 


Etats-Unis. Cerveau: avec des neurones neufs, des chercheurs réparent des circuits cérébraux

1er décembre 2011

Encore une avancée de chercheurs d'Harvard, qui laisse espérer à terme une véritable réparation de neurones par transplantation de neurones embryonnaires.

Par greffes de neurones et reconstruction de « l'installation électrique » des circuits cérébraux, ces chercheurs d’Harvard sont parvenus à rétablir une fonction cérébrale normale chez des souris atteintes d'un trouble neurologique. Il ne s’agit pas d’une simple neurogenèse mais d’une véritable reconstruction. Cette avancée suggère que l’on pourrait réparer le cerveau, plus qu’on ne le pensait, et promet de nouvelles approches thérapeutiques pour les blessures de la moelle épinière, l'autisme, l'épilepsie, la sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Parkinson ou encore la maladie de Huntington. Ces conclusions viennent d’être publiées dans la revue Science du 25 novembre.

Ces scientifiques l'Université Harvard (Massachusetts) et du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC) ont transplanté des neurones embryonnaires « en bonne santé » à un stade soigneusement sélectionnés de leur développement dans l'hypothalamus de souris incapables de répondre à la leptine, une hormone qui régule le métabolisme et le contrôle du poids corporel. Ces souris mutantes développent normalement une obésité morbide, mais cette greffe de neurones a réparé circuits du cerveau, leur permettant de répondre normalement à la leptine et de prendre ainsi beaucoup moins de poids.

La réparation a eu lieu au niveau cellulaire de l'hypothalamus. L’hypothalamus est une région critique du cerveau qui régit la faim, le métabolisme, la température du corps et certains comportements comme le sexe et l'agressivité. "Il n'y a que deux zones du cerveau connues qui peuvent accueillir une greffe de remplacement de neurones (neurogenèse), à grande échelle, à l'âge adulte. Le bulbe olfactif et le gyrus denté de l'hippocampe", explique Jeffrey Macklis, professeur sur les Cellules souches à la Harvard University et l'un des trois auteurs de l’article. «Les neurones qui sont ajoutés à l'âge adulte dans ces deux régions sont généralement assez petits et sont censés agir un peu comme les commandes de volume de signalisations spécifiques. Ici, nous avons refait l'installation électrique des circuits cérébraux, ce qui ne se fait pas naturellement avec la neurogenèse, et cela a permis de restaurer une fonction cérébrale normale. " Enfin, pour placer les cellules transplantées exactement dans la bonne région de l'hypothalamus, les chercheurs ont utilisé une technique appelée microscopie ultra-sons à haute résolution.

Ces neurones naissant ont survécu au processus de transplantation et se sont correctement intégrés dans les circuits. Les chercheurs expliquent que ces neurones récemment développés communiquent avec les autres neurones par contacts synaptiques, et que le cerveau, à son tour, émet un signal en retour. En réponse à la leptine, à l'insuline et au glucose, ces neurones ont effectivement rejoint le réseau du cerveau et recablé les circuits endommagés. L’un des auteurs explique : « Je suis frappé qu'un nombre relativement restreint de neurones génétiquement normaux puisse réparer efficacement les circuits. "

De la neurogenèse à la réparation cérébrale: L’un des scientifiques de l’équipe, le Dr. Flier Jeffrey, doyen de la Harvard Medical School, avait en 2005, publié une étude historique, également dans la revue Science, montrant qu'un médicament expérimental était parvenu à stimuler l'ajout de nouveaux neurones dans l'hypothalamus et offrir un nouveau traitement possible de l'obésité. Cette étude suivait une recherche publiée en 2000 dans la revue Nature décrivant le processus l'induction de la neurogenèse dans le cortex cérébral de souris adultes.

Les chercheurs suggèrent l'idée plus large que de nouveaux neurones pourraient intégrer spécifiquement et réparer les circuits complexes défectueux dans le cerveau des mammifères.

Sources: Santelog

Science, Vol. 334 (6059), November 25, 2011 "Transplanted
Hypothalamic Neurons Restore Leptin Signaling and Ameliorate Obesity in db/db
Mice" et Eurekalert (AAAS) “ Rebuilding the brain's circuitry »

Cette actualité a été publiée le 27/11/2011 par P. Bernanose, D. de publication de SantéLog, avec la
collaboration Neuro de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.

 



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